Gas-to-power, le carburant pour la transition

Le Sénégal sera bientôt l’un des plus grands producteurs de gaz naturel d’Afrique, grâce à d’importantes découvertes offshore. À travers la mise en oeuvre de son schéma directeur gaz-électricité, le gouvernement mène une revolution gazière visant à monétiser efficacement la ressource et à fournir une électricité stable et bon marché aux citoyens Sénégalais.

Le gaz naturel a été découvert pour la première fois au Sénégal en 2015 dans le champ de Grand Tortue Ahmeyim (GTA) par l’explorateur Kosmos Energy, qui a par la suite conclu une coentreprise avec le supermajor britannique BP. Des découvertes successives ont depuis lors indiqué que le champ pouvait produire jusqu’à 10 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an. Au-delà de réserves importantes, le projet est unique en ce qu’il a permis la signature d’un accord de coopératio transfrontalière historique entre la Mauritanie et le Sénégal. Le projet GTA est connu comme le projet de GNL le plus rapide de tous les temps, avec seulement six à sept ans entre la découverte et le premier gaz produit, qui est prévu pour 2022.

Depuis la découverte de GTA, le gasto-power est devenu un sujet de plus en plus important au Sénégal et est désormais un élément clé pour devenir un pôle énergétique régional et une nation indépendante en termes énergétiques. Pour mettre en oeuvre son plan directeur gas-to-power, le gouvernement sénégalais travaille en étroite collaboration avec une équipe intégrée comprenant Penspen, basée au Royaume-Uni, et MJMEnergy Penspen sera chargée d’étudier les aspects techniques du projet, y compris plusieurs scénarios pour connecter les consommateurs finaux à de nouveaux approvisionnements en gaz. Il mettra au point un schéma des infrastructures du réseau gazier, ainsi qu’une estimation des coûts et du planning associés. MJMEnergy définira le cadre économique des projets, y compris les marchés du gaz et les aspects financiers. Il développera également le cadre institutionnel et les exigences commerciales de la nouvelle entreprise publique-privée qui construira et gérera le réseau de gaz.

ZONES DE PRODUCTION

Le Sénégal produit actuellement du gaz du gisement onshore de Gadiaga, dont la majeure partie est consommée par de grandes entreprises. Deux champs devraient entrer en production d’ici 2023: Sangomar, situé au large de Dakar, et le champ GTA. Sangomar devrait produire du gaz uniquement à l’usage de la société nationale de services publics SENELEC, à un taux compris entre 60 et 100 millions de pieds cubes par jour (mmscfd), suffisamment pour alimenter une usine de 350 à 590 mégawatts (MW).

Le champ GTA, situé au large de Saint-Louis et à cheval sur la frontière Sénégal-Mauritanie, devrait contenir entre 15 et 50 billions de pieds cubes de gaz naturel. Le plan de développement de ce champ prévoit que 35 mmscfd de gaz naturel approvisionneront les deux pays dès la première production, suffisants pour alimenter une centrale électrique de 250 MW au Sénégal et en Mauritanie.

Les premières estimations de la SENELEC indiquent que le prix d’achat du gaz naturel sera d’environ à 5 ou 6 dollars par million de unités thermiques britanniques, abaissant ainsi le prix de l’électricité au Sénégal jusqu’à 50%.

INFRASTRUCTURE GAS-TO-POWER

Les infrastructures de transport nécessaires seront réparties entre les réseaux Nord, Sud et Dakar. D’une longueur totale de 427 km, le coût du projet est estimé à 300 millions de dollars et sera construit en plusieurs phases.

Le segment Nord comprendra une ligne courte de GTA à une centrale électrique près de Saint-Louis, qui sera ensuite prolongée de 140 km jusqu’à la centrale électrique de Tobene à terre, qui sera finalisée d’ici 2024. Le réseau Sud reliera le réseau de Dakar à la centrale de Kahone d’ici 2023 et comprend un pipeline de 120 km. Enfin, le réseau de Dakar est la pièce maîtresse des infrastructures, qui sera mis en service en 2023. Il reliera le champ gazier de Sangomar à plusieurs centrales existantes autour de Dakar, pour une longueur totale de 157 km.

LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ

Afin de générer suffisamment d’électricité pour atteindre les objectifs nationaux, le Sénégal va mettre sur pied une double stratégie concernant ses centrales. Un certain nombre de centrales électriques existantes seront converties en centrales à double combustible, tandis que de nouvelles centrales à cycle combiné seront mises en service d’ici 2022-2023. Selon une étude menée par la société Suédoise Wärtsilä, 61 millions de dollars sont nécessaires pour les operations de conversion. Des discussions sont en cours avec la Banque mondiale concernant le financement de ce projet particulier. Situées principalement autour de Dakar, ces centrales pourraient être alimentées au gaz Sangomar dès 2023.

L’an dernier, Wärtsilä a remporté le contrat pour la construction d’une centrale électrique Flexicycle de 130 MW, conformément à la stratégie du Sénégal qui prévoit de disposer de centrales électriques flexibles prêtes à incorporer le gaz naturel comme matière première.

Sous la direction de S.E. le president Macky Sall, le Sénégal affiche des chiffres de croissance impressionnants, autour de 7% par an. En outre, la trajectoire ascendante du pays ne montre aucun signe de ralentissement, le Sénégal étant positionné par le World Factbook de la CIA comme la douzième économie à la croissance la plus rapide au monde d’ici 2023. Ces chiffres, associés à des découvertes massives d’hydrocarbures, ont fait du Sénégal une destination d’investissement de premier plan à l’échelle mondiale.

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Sihle Qekeleshe is a Web Editor at Energy Capital & Power. She has experience as a Copywriter and Editor in various industries.

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